Les Films Elémentaires - Never give up !


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LE CINÉMA LIBERTAIRE ET LIBERTIN - Jacques Richard
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=47881LE CINÉMA LIBERTAIRE ET LIBERTINJacques RichardL'EcarlateBEAUX ARTS CINÉMA, PHOTOGRAPHIELe présent ouvrage est l...


 
 
Si l'on excepte les problèmes de censure que rencontra l'affiche de son film Ave Maria et qui lui apportèrent une relative notoriété, Jacques Richard reste un cinéaste méconnu, auteur d'une œuvre qui mériterait d'être redécouverte, que ce soit ses fictions singulières (Rebelote, un film muet avec Jean-Pierre Léaud ou le très beau L'orpheline avec en plus un bras en moins d'après Topor) mais aussi ses documentaires (j'aimerais beaucoup voir Les fantômes d'Henri Langlois par exemple). Entre avril 2011 et mars 2012, le cinéaste a animé une émission consacrée au cinéma sur les ondes de Radio-Libertaire. Ce livre d'entretiens est la transcription de ces conversations à bâtons rompus avec un certain nombre de personnalités marginales du cinéma français. (...)
 
Ce recueil d'entretiens est intéressant à plus d'un titre. D'abord parce que Jacques Richard est un excellent intervieweur : cinéphile curieux, fin connaisseur de l'histoire du cinéma, il est capable de pousser ses invités à évoquer des pans assez méconnus du cinéma français (pour ma part, j'ignorais tout de Maria Koleva, par exemple) et à mettre un peu de lumière sur ses marges les plus stimulantes.
D'autre part, cet ouvrage dense (400 pages) permet également de dessiner les contours imprécis d'une nébuleuse où se côtoient des personnalités diverses mais partageant le même goût pour une véritable liberté.
Nous croiserons donc la route d'auteurs reconnus mais œuvrant toujours dans les marges du cinéma français (le tempétueux et toujours aussi drôle Jean-Pierre Mocky, l'immense Paul Vecchiali – qui dit tout le mal qu'il pense d'Il était une fois dans l'ouest- et le mésestimé Joël Séria), des cinéastes révoltés plus confidentiels et expérimentaux (Jean-François Ossang, Jean-Pierre Bastid), des théoriciennes à part (Nicole Brenez, Martine Boyer...), des écrivains cinéphiles (les excellents Jean Streff et Alexandre Mathis qui revient de manière passionnante sur l'histoire des salles de cinéma parisienne) ou des touches-à-tout géniaux comme l'indispensable Jean-Pierre Bouyxou.
Entre anecdotes savoureuses (les cinéastes Frédéric Sojcher et Jean-Henri Meunier qui évoquent avec beaucoup de verve la générosité de Serge Gainsbourg qui les a aidés à leurs débuts) et réflexions plus poussées sur les problèmes actuels du cinéma (la distribution, la conservation, le numérique, la censure...), le livre parvient à dresser un panorama palpitant de tout ce qui existe dans la marge : le cinéma expérimental (avec aussi l'éditeur Pip Chodorov et le cinéaste Joël Farges), l'érotisme et la pornographie, la comédie anarchiste, le cinéma politique, militant, etc. (...)
 
On pourra mesurer l'intérêt d'un ouvrage qui donne la parole à un courant protéiforme et marginal du cinéma français et cette parole est, bien entendu, fort précieuse...